Que semer en février : ce qui lève vraiment sous abri
Que semer en février au potager : poireaux, oignons, laitues sous abri, tomates à partir du 15. Mes dates réelles, mes ratés et ce qui attend mars.
Que semer en février ? Dans l’Oise, c’est le premier mois où le potager redémarre vraiment, et pourtant mes planches sont encore à 5 ou 6 °C à dix centimètres de profondeur. En pleine terre, rien ne germe. Sous abri, la donne change. L’an dernier j’ai semé mes poireaux le 4 février, mes laitues le 9 et mes tomates le 18 : les trois ont produit. L’année d’avant, j’avais tout lancé le premier week-end du mois, et j’ai perdu la moitié des godets de tomates, étiolés avant même d’avoir deux vraies feuilles. L’écart ne venait pas du chauffage de la pièce. Il venait de la lumière reçue au moment où la plantule sort de terre.
Février gagne une heure et demie de jour
À Cauffry, la journée passe d’environ 9 h 30 le 1er février à près de 11 h le 28. Une heure et demie de lumière gagnée en quatre semaines, voilà ce qui sépare un semis d’hiver qui s’étiole d’un semis qui pousse droit.
En janvier, une plantule sort avec 8 h de lumière grise et s’étire vers la fenêtre. Le même semis lancé fin février, à température identique, donne un plant trapu. J’ai arrêté de me battre contre ça. Chez moi, janvier se limite désormais à l’oignon, au poireau et au céleri, et tout le reste du calendrier a glissé sur février. Mes plants de tomate n’ont rien perdu en précocité, ils ont gagné en qualité. Les limites exactes du mois précédent, je les ai détaillées dans que semer en janvier, et ça vaut le coup de comparer les deux listes avant de remplir une caissette.
Le sol, lui, suit la lumière avec du retard. Ma sonde plantée sous paillage m’a donné 4 °C au début du mois et 8 °C à la fin, sur la planche la mieux exposée. Conclusion : rien de sérieux en pleine terre avant le 20, et seulement sur une terre légère qui ressuye. La table de germination de l’Oregon State Extension le rappelle sans détour : chaque légume a une température minimale, et en dessous la graine ne meurt pas, elle attend. Un pois germe dès 4 ou 5 °C, une tomate attend 11 °C, une aubergine 13 °C. Semer dix jours trop tôt dehors ne donne aucune avance : ça donne des graines gonflées qui pourrissent dans la flotte après deux semaines de pluie, ce que j’ai connu sur un rang de carottes entier.
Le tableau de mes semis de février
Les durées ci-dessous sont celles que j’observe chez moi, en caissette à 18-20 °C, pas les fourchettes optimistes des sachets.
| Culture | Semis en février ? | Température de levée | Délai observé | Suite du cycle |
|---|---|---|---|---|
| Oignon (plants à repiquer) | Oui, jusqu’au 15 | 18-22 °C | 10 à 14 jours | repiquage en mars-avril |
| Poireau d’été et d’automne | Oui, dès le début du mois | 15-20 °C | 12 à 18 jours | plantation en mai-juin |
| Laitue à couper, batavia | Oui, sous abri | 15-18 °C | 5 à 8 jours | plantation en mars-avril |
| Céleri rave, céleri branche | Oui, rattrapage si janvier a raté | 15-18 °C | 15 à 25 jours | repiquage en godet en mars |
| Tomate | Oui, à partir du 15 | 22-25 °C | 5 à 10 jours | pleine terre vers le 15 mai |
| Aubergine, poivron | Oui, en fin de mois, avec fond de chaleur | 25-28 °C | 8 à 14 jours | serre ou abri chaud |
| Pois nain, fève | Possible sur les 8 derniers jours, sol ressuyé | 5-10 °C | 10 à 15 jours | pleine terre en mars |
| Épinard, mâche | Oui dehors, en fin de mois | 10-15 °C | 8 à 14 jours | récolte en avril |
| Radis, carotte, betterave | Non, sol trop froid | - | - | mars au plus tôt |
| Basilic, courgette, concombre | Non | - | - | mars-avril |
Ce tableau est plus long que celui de janvier, et c’est normal : février est le mois où l’on remplit enfin les caissettes pour de bon, alors que janvier ne sert qu’à lancer trois cultures lentes.
Poireaux et oignons : les deux semis que je ne décale jamais
Les plants d’oignon restent mon premier semis de l’année, et février est leur dernière fenêtre. Passé le 15, les plants restent trop petits au repiquage et montent en graines à la première chaleur. Un oignon qui monte, c’est un oignon perdu, avec une tige dure au milieu du bulbe.
Même méthode que l’année dernière : caissette de 20 sur 30 cm, semis serré, graines juste recouvertes d’un demi-centimètre de terreau fin. J’arrose par le dessous, dans une bassine, et je laisse égoutter. Une caissette noyée moisit en dix jours, je l’ai appris à mes dépens la première saison.
Le poireau démarre début février, deux semaines plus tôt que dans mon ancien calendrier. Semis un peu plus clair, un centimètre entre les graines, pour pouvoir les laisser huit semaines en caissette sans qu’ils s’asphyxient. Les variétés d’automne semées en février ont le temps de grossir avant les nuits courtes de septembre, et ce sont elles qui tiennent le mieux l’hiver suivant. Si tu débutes sur les semis en caissette, la partie arrosage et repiquage est détaillée dans semis en caissette et repiquage : c’est là que se jouent 90 % des ratés, pas dans le choix de la variété.
Laitues et premières salades : le cas des graines qui ont besoin de lumière
La laitue germe vite, 5 à 8 jours chez moi, et c’est justement pourquoi je la sème en février et plus en janvier. En janvier, elle lève puis stagne pendant trois semaines, faute de lumière, et je me retrouve avec des plantules filées impossibles à repiquer proprement.
Un point que beaucoup ignorent : la graine de laitue a besoin de lumière pour germer. Je la pose sur le terreau tassé, je presse du plat de la main, je ne recouvre pas, puis je coiffe d’un film transparent. Dès les premières levées, j’ouvre. Semis trop enterré, et la levée tombe de moitié, sans que rien ne le laisse deviner.
Je sème la laitue à couper en barquette, une graine tous les deux centimètres, et je repique les plants à trois vraies feuilles. Les batavias et les romaines partent un peu plus tard dans le mois, dans des godets individuels, parce que leur système racinaire supporte mal le repiquage en motte serrée.
Tomates, aubergines et poivrons : sous abri chauffé, à partir du 15
La tomate, chez moi, c’est le 15 février et pas avant. Le calcul est simple : elle part en pleine terre vers le 15 mai dans l’Oise, dernière gelée passée. Semée mi-février, elle passe trois mois en godet. Semée début février, elle en passe trois et demi, et trois mois et demi dans un godet de 8 cm, ça donne une motte enroulée sur elle-même qui produit moins qu’un plant semé plus tard. J’ai comparé deux rangs voisins avec la même variété : les plants tardifs ont rattrapé puis dépassé les précoces dès la mi-juillet.
Les graines de tomate veulent 22 à 25 °C pour lever. Une pièce à 20 °C fait lanterner le semis dix jours de plus, sans bénéfice. Aubergine et poivron sont encore plus exigeants, 25 à 28 °C : sans tapis chauffant, je les sème en fin de mois et je les garde sous serre, plutôt que de les lancer tôt et de les voir végéter en godet pendant six semaines. Le fond de chaleur se débranche dès la levée, sinon les plantules s’allongent et deviennent molles.
Ce que je tente dehors sur les huit derniers jours
À partir du 20, si la terre ne colle pas aux bottes, je sème mes pois nains et mes fèves en pleine terre. Ce sont les deux cultures qui pardonnent le mieux un sol encore frais, et elles prennent une bonne longueur d’avance sur un semis de mars. Je les protège d’un voile posé sur arceaux pendant les nuits claires, parce que c’est là que le gel tombe.
L’épinard d’hiver et la mâche profitent aussi de cette fenêtre. Le reste attend. Un rang de carottes semé le 22 février dans une terre à 6 °C lève avec trois semaines de retard, ou pas du tout, et occupe la planche pour rien.
Ceux qui ont un châssis ou une serre froide peuvent gratter deux semaines de plus. Les cultures qui tiennent à 5 °C sans chauffage et la gestion de l’humidité sont dans serre froide pour débutants, et si tu bricoles, fabriquer un châssis froid coûte une trentaine d’euros en récupérant des vitres.
Ce qui attend mars, et pourquoi je ne force plus
Basilic, courgettes, concombres, tournesols, capucines : mars, sans discussion. Ces plantes germent vite et poussent vite, les semer en février revient à les garder trois semaines de plus dans un godet sans rien gagner au potager. J’ai essayé deux saisons de courgettes semées le 20 février : elles ont levé, puis elles ont filé, et celles semées le 15 mars les ont dépassées avant la floraison.
Les pommes de terre primeur, c’est différent : la question n’est pas le semis mais la mise en germination des tubercules, à faire dès maintenant dans une cagette au frais et à la lumière. Ça, c’est un vrai travail de février.
Reste le potager lui-même, que février bouscule plus qu’on ne croit : les premières tailles se terminent, le sol se prépare, les planches se réorganisent. J’ai fait le tour complet du mois dans potager en février, la partie semis reste ici.
Mon carnet de février, semaine par semaine
Quatre semaines, quatre chantiers. Ça m’évite la journée unique où je sème tout et où je rate la moitié.
- Semaine 1 : semis des oignons, puis des poireaux dans la foulée. Caissettes lavées à l’eau chaude, terreau de semis neuf, étiquettes datées.
- Semaine 2 : laitues en barquette, vérification des températures avec le thermomètre de sol sur les planches les mieux exposées, commande des graines manquantes pour la saison.
- Semaine 3 : tomates le 15, mise en germination des pommes de terre primeur dans une cagette claire et fraîche.
- Semaine 4 : pois et fèves en pleine terre si le sol ressuye, poivrons et aubergines en fin de mois, et un tour au verger pour finir les tailles avant que la sève remonte.
Les détails qui m’ont coûté des semis
Le terreau, d’abord. J’ai longtemps semé dans mon terreau de rempotage, trop grossier pour les graines fines, avec des échecs inexplicables sur laitue et céleri. Un substrat fin et pauvre, c’est la moitié du travail.
La lumière, ensuite, et elle reste le point faible du mois malgré les progrès. Une lampe horticole à 20 cm au-dessus des caissettes, dix heures par jour, change complètement les plants destinés à rester six semaines en intérieur. Si tes semis de février filent alors que la température est bonne, la cause est là, pas ailleurs.
L’arrosage, enfin, dans le sens du trop, jamais du pas assez. Une caissette sous film transparent n’a besoin d’eau qu’une fois par semaine. J’ai perdu plus de semis par excès d’eau que par sécheresse, et de loin.
Février tient donc en une phrase : oignons et poireaux en premier, laitues sous abri, tomates à partir du 15, et des pois dehors seulement si la terre répond. Le mois se joue sur des détails de date, et une semaine d’écart se voit encore en juillet. Pour le matériel de semis, les tapis chauffants et les lampes horticoles que j’ai réellement testés sont regroupés sur la page comparatifs.
Sources : Oregon State University Extension Service, températures de sol et germination des légumes ; Société nationale d’horticulture de France. Durées du jour calculées pour la latitude de Cauffry (49,3° N). Photo : Wikimedia Commons, Pascal Kings, CC BY 4.0.
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